Comme les choses vont vite. Il n'est pas si loin le temps où cette ville n'apparaissait que comme une simple possibilité, rien d'autre qu'un choix, une case à cocher sur la liste des lieux où doit se jouer l'avenir. Elle n'était pas ma priorité, trop loin, trop chère, trop inconnue...Mais presque tout le monde y allait, en partie parce que tout le monde y allait...Et puis la prépa IEP, là encore choix de dernière minute, qui n'existe pas ailleurs. Alors ce fut Lille.
Et déjà, les avertissements fusaient, ou plutôt me glissaient dessus. J'entendais dire que Lille, c'est Lille de la tentation (hum je vois déjà votre petit sourire de coin ^^), un piège pour quiconque aime s'amuser mais qui part pour réussir. Et le bachelier sûr de son fait n'écoutait qu'à moitié, tout ça au fond n'avait pas d'importance. Il suffisait [simplement] de joindre l'utile à l'agréable, et de savoir s'organiser. Mais la réalité n'est [justement] pas aussi [simple].
Il n'est pas si loin le temps des tous premiers pas, des toutes premières habitudes prises du côté du 77 rue Masséna, "rue de la soif" pour les intimes! Les premiers jours à chercher desespérèment la station de métro la plus proche! Trop vaste, trop peuplée, trop de choses à faire; là où l'on croyait avoir fait le tour de nos villes devenues subitement moroses à l'appel de la métropole, Lille semblait ne pouvoir jamais être conquise.
Mais comme les choses vont vite... Déjà, on était devenus des Lillois, déjà, la sensation de solitude des premiers jours s'évaporait. Mais le parfum de liberté, lui, perdure.
Mais tout n'est bien sûr pas dû qu'à Lille. Parce qu'entre temps, on était devenus étudiants, et la belle vie aurait très bien pu s'exprimer pleinement ailleurs qu'ici. Mais alors que la première et peut être dernière des années lilloises s'achève bientôt, les souvenirs se bousculent, tant tout ça est passé, une fois de plus, bien trop vite. Alors quoi qu'il arrive je me rappellerai avoir passé une des mes plus belles années ici. Je me rappellerai de ces soirées dans la plus petite des pioles jusque dans la mairie, de l'ivresse quasi-continuelle des rues, des interminables et incalculables trajets en métro, de la fac' délabrée, de son tout premier message par une soirée belle d'octobre. Je me souviendrai de Lille et de ses airs de paradis...